Sign in to follow this  
Followers 0
pascal78000

Klavier

1 post in this topic

Posted (edited)

Comme beaucoup de titres, Till nous raconte une histoire terrible.

Mais la narration n'est pas linéaire, et il manque plusieurs pièces au puzzle, comme souvent. L'auditeur doit reconstituer l'ensemble de l'histoire avec son imagination.

 

En intro, le narrateur semble toujours sur le lieu du crime, près du piano qui a vu le drame, il y a longtemps. Le narrateur habite donc toujours dans la maison, il est assez agé et se souvient de la scène. Il cite des éléments qui reviendront dans la narration (la porte, la clé, le piano, la fille, qui a disparu).

 

Il revit ensuite la scène et décrit brièvement ce qui s'est passé.

On voit une jeune fille, qui est peut être sa soeur, ou une amie, ou une professeur de piano. On sent beaucoup de compassion, de l'attention, de l'amitié, et peut être même un peu d'amour chez cette jeune fille pour le narrateur (elle dit qu'elle ne le quittera jamais, et semble jouer pour lui seul). Le narrateur est sensible à son jeu (il écoute et retient son souffle).

 

Mais rapidement le narrateur agresse la fille au piano, sans aucune explication, dans un geste insensé, comme si la musique l'avait rendu fou. Pour ne pas être dérangé dans son agression, il ferme la porte à clé. Les parents entendent sans doute les cris de la fille, et s'inquiètent.

Il s'agit probablement d'un meurtre, mais la jeune fille n'est pas explicitement morte. On voit les parents (mais on ne sait pas si ce sont ceux du narrateur, ou ceux de la jeune fille) qui interviennent après avoir forcé la porte : la mère pleure et le père bat le narrateur.

 

Mais le narrateur donne alors des éléments d'explication de son geste fou : il est malade, et les autres ne le voient pas, ne le savent pas, ou ne le comprennent pas. On pense donc à un malade mental, par exemple un schizophrène, pour qui une surdose d'émotion aurait déclenché un accès de violence. A la fin le narrateur inverse la situation et se voit peut être jouer du piano, à moins que son "jeu" soit une façon de voir son geste criminel. A ce sujet, Till aime bien évoquer le jeu dans ses textes, souvent pervers ou macabre (Spiel mit mir, Spieluhr, Hilf mir).

 

J'ai toujours l'impression que cela se passe dans une grande maison bourgeoise, type manoir, dans laquelle il y a une pièce dédiée au piano, au XIXème siècle.

Je ne serais pas étonné que cette chanson soit inspirée soit d'un fait d'hiver, soit d'un ancien conte. A cette époque les maladies mentales étaient très mystérieuses pour les gens, on pensait que les fous étaient possédés par le diable ...

Cela me fait penser par ricochet au clip de Rosenrot, avec des moines qui arrivent dans un village au XVIII/XIXème siècle.

Edited by pascal78000
2 people like this

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!


Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.


Sign In Now
Sign in to follow this  
Followers 0