Rammstein World - Interactivité
Témoignages de fans
Philippe à Nîmes le 23 juillet 2005
Merci à http://www.concertandco.info/
RAMM...STEIN !
Un grognement qui se termine en cri de guerre.
Achhhh... rien que de prononcer ce nom nous ramène un peu plus près de l'âge des
Walkyries ! Premier groupe à oser être aussi ostensiblement allemand et fier de
l'être, car comme son guitariste l'expliquait à la télé voici peu, ce peuple
traumatisé a toujours encore du mal à s'assumer. Dès que quelqu'un parle un peu
fort et guttural, de vilaines images reviennent en mémoire, et à ce titre
Rammstein fait là-bas office de thérapie collective ! C'est aussi les
plus grands promoteurs de la musique, voire de la culture et la fierté allemande
depuis ...Goethe pour les lyrics et Wagner pour la musique
!

4 albums
déjà d'un métal indus et électro plus subtil qu'il n'y paraît, dont notre
préféré, Mutter,
et le dernier en date, Reise,
reise , un poil en deça mais fort plaisant. Mais surtout, le groupe est
réputé pour ses prestations scéniques, leur amour immodéré pour la pyrotechnie
et le grand-guignol. C'est donc de la France entière que partirent des bus ce
jour-là, pour aller voir dans les plus belles arènes du monde, le plus grand
groupe de metal industriel allemand du monde (personne ne rit, il y en a plus
qu'on croit, SielWolf par exemple, plus brutal mais énorme aussi).
D'autant plus que la rumeur court qu'un nouveau DVD (Live Aus Nîmes ?)
devrait être ici et ce soir filmé...
Mais avant de mériter ce concert qui
s'annonçait grandiose, il a fallu être patient. Se ga(lé)rer dans les alentours
des Arènes de Nîmes, dégueulant littéralement des hordes de barbares en t-shirt
noirs (à la grande frayeur des autochtones), faire la queue pour atteindre
l'intérieur, et surtout subir une première partie qu'on qualifiera avec
indulgence d'insignifiante (un pauvre DJ chevelu passant des disque de metal
électro en levant le bras de temps à autre). Et enfin, attendre la nuit en
meublant par des allers-retour buvette-toilettes. Mais Nom de Thor et Odin, ça
valait la peine d'attendre !
C'est sur
Reise, reise que commence le show, devant un public d'ores et déjà
déchaîné dont une personne sur trois porte un T-shirt du groupe, décidément très
prolifique en merchandising (trop snob, j'ai choisi NIN pour faire le
malin) ! Après ce départ en douceur, Till Lindemann et sa joyeuse bande
en costume de bouchers sado-maso (salopettes en cuir et gomina pour tout le
monde) mettent ensuite tout le monde au pas de l'oie dès la deuxième chanson,
Links 2,3,4, faisons tous les casques à pointe ce soir !
Avant
même qu'on ait eu le temps de se demander où étaient la pyrotechnique attendue,
c'est une intro en forme de coup de marteau sur la gueule qui nous rappelle à
l'ordre en annonçant la couleur : Feuer frei, feu à volonté, que la fête
commence, les membres du groupe se mettent à cracher du feu tout en chantant et
la température monte brusquement d'un cran dans la fosse ! Malgré mon
enthousiasme déjà headbangesque dû à une pétaradante Asche zu Asche, le
beau Till me brise ensuite le coeur en m'annonçant sans ambage et malgré
la tendresse que je lui porte, 'du bist hästlich' (tu es haïssable)... mais en
fin de compte il s'adresse à une demoiselle surnommée Morgenstern, qui
lui a brisé le coeur et a donc du finir immolée ou cuisinée en bratwurst
je suppose ?

Car Ja,
moi Till je suis Ein Deustchen Singer (wunderbar !), j'aime me déguiser en
Kuistot pour rigoler et jouer avec un lance-flammes à faire flamber mon joueur
de clavier dans une grande marmite... alors je le fais car c'est mon choix (es
ist Mein Teil). Et puis si je veux j'enchaîne sur Stein um Stein,
slow un peu douteux qui finit heureusement sur un riff en plomb fondu (et tant
pis si c'est pas notre meilleure chanson). Le dit joueur de synthé,
souffre-douleur qui ne doit plus avoir de sourcils ni de poils aux fesses depuis
belle lurette, va également subir diverses explosions de fusées cachées sur son
costume. Il se vengera cependant car à la fin de Los (impeccablement
exécutée à la gratte sèche comme sur album), il démolira son clavier, qui ne
doit pourtant pas être donné, profitant que Till lui tourne le dos en poussant
un petit air d'harmonica !
Mais foin de plaisanteries, un Du rieschst
so gut plus tard, et Rammstein attaque alors ce qui est un de ses
plus belles chansons électro, commencée en jouant avec un arc en flammes
impressionnant : Du Hast, un pied absolument monumental et dont le
refrain est repris par un public littéralement en rut musical avec cette voix
fabuleusement gutturale, mélodique et finalement ...très sensuelle ! car le
croiriez-vous, Rammstein semble avoir un effet quasiment aphrodisiaque
sur certaines jeunes filles de son public ! Est-ce ces explosions diverses et
variées qui retentiront tout au long du concert qui leur feraient un tel effet
?

L'enchaînement
avec le mufti du début de la chanson Sehnsucht et qu'on espérait
entendre, se fait tout naturellement (c'est le même album), tandis que le synthé
joue tout en conduisant sur un SegWay (performance d'équilibre qui force le
respect)... Sans plus de retenue on hurle et on jubile de bonheur devant trois
énormes canons à confetti qui nous recouvrent littéralement au son de la chanson
parodique Amerika ! Ceci jusqu'à ce qu'on réalise, Mille Millions de
Staracadémiciens Empalés, que c'est déjà la fin du concert principal lorsque le
chanteur nous salue dans un français impeccable !!
Gottverdammt !
se dit-on dépité avant de s'égosiller à l'unisson jusqu'à ce que
Rammstein revienne , le chanteur équipé cette fois-ci de DEUX
lance-flammes... pour entamer leur terrible anthem, la chanson éponyme et
volcanique Rammstein qui les avait fait connaître dans Lost
Highway, tuerie qui sera enchaînée pour notre plus grand plaisir avec le
riff dévastateur de Sonne (eins, zwei, drei, vier ...).

C'est au
septième ciel et définitivement en sueur qu'on réalise qu'il va encore falloir
maltraiter ses cervicales puisque retentissent les premières mesures de la
dantesque Ich Will. Ce n'est pas parce qu'on a jamais compris ce que
criait le public au refrain qu'on va se priver de brailler (n'importe quoi comme
tout le monde), nos deux mains levées comme 20 000 autres environ dans un moment
de communion d'une intensité assez exceptionnelle qui se finit, hélas, par la
deuxième sortie de scène du groupe...
Qu'à cela ne tienne, on est déjà
très content de sa soirée qui a tenu toutes ses promesses. Comme d'habitude des
pauvres crétins commencent déjà à partir (pour pas rater la fin d'Ardisson
j'imagine ?) et j'ai donc le plaisir de leur apprendre qu'ils ont raté trois
chansons de plus ! Car après une longue ovation et sous une douche d'étincelles,
des harmonies puissantes et kitsch de violon retentissent, et le chanteur entame
le slow Ohne dich, à deux doigts de tomber dans le grand-guignol mais
sauvé par une réelle conviction (le gaillard ayant l'air réellement malheureux
du type quitté !). Et puis les groupes de metal allemand ne font-ils pas les
plus beaux slows ? Rappelez-vous comme ça emballait sec sur les Scorpions
il y a vingt ans !

La fin
s'approchant hélas, je ne reconnais pas cette seule chanson qui vient ensuite,
plus électro mais encore un peu slow (Merci à Jacques B. qui m'a informé que
c'était une reprise de Stripped, chanson de Depeche Mode). Pendant
celle-ci le bassiste s'offre une balade en canot pneumatique sur une foule en
délire. On aurait aimé pour finir une dernière chanson de marave (genre
Adios ou Mein Herz Brennt) mais Rammstein quitte la scène
en nous laissant avec une version délicate, chantée par un choeur d'enfants, de
la chanson Engel.
C'est donc une audience aphone et dévastée de
plaisir qui quitte ensuite lentement les Arènes après 1 h 45 de bonheur, tandis
que les nombreux roadies commencent déjà à démonter la scène - il paraît que le
groupe voyage avec 40 camions ... Ce concert a été aussi exceptionnel que ce
qu'on espérait, même si le show très bien réglé ne laissait guère de place à
l'improvisation (il faut dire que quand des geysers de flammes sortent du sol,
mieux vaut être placé au bon endroit pour ne pas se faire cuire le fondement
...)

On
regagne sa voiture en bénissant le ciel d'avoir emmené toute la discographie du
groupe, qui nous accompagnera agréablement jusqu'à la maison. Alors pour finir,
Danke schön, Rammstein, sie sind die besten !...
Playlist :
(H=Herzeleid / S=Sehnsucht / M=Mutter
/ R=Reise,reise)
Reise,
Reise (R)
Links 2,3,4 (M)
Keine Lust (R)
Feuer Frei (M)
Asche zu
Asche (H)
Morgenstern (R)
Mein Teil (R)
Stein um Stein (R)
Los
(R)
Du riechst so gut (H)
Du Hast (S)
Sehnsucht (S)
Amerika
(R)
------ Rappel 1 -----
Rammstein (H)
Sonne (M)
Ich will
(M)
------ Rappel 2 -----
Ohne Dich (R)
Stripped (Depeche mode
cover)
Engel (remix voix d'enfants) (S)

Photos a
Pirlouiiiit ... un peu plus des que je
trouve le temps de les redimensionner !










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