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Interview de Emanuel Fialik

Metal Hammer décembre 2006

Contenu :


Metal Hammer interview le manager de Rammstein, à l'occasion de la sortie du DVD live Völkerball. On y apprend énormement d'informations et anectodes sur le Reise, Reise Tour. Mais "Emu" dévoile aussi une partie des plans de Rammstein pour l'année à venir.

Auteur de l'article : Thorsten Zahn

Le DVD Völkerball sort enfin dans les bacs le 17 novembre, après plusieurs retards. Pourquoi la publication s'est prolongée si longtemps ?

À l'origine, nous voulions sortir le DVD pour les fêtes de Noël l’année dernière, mais nous n’avons pas réussi, en raison de l’abondance de contenu du DVD. Alors comme prochaine date, nous nous étions fixé à Mars 2006. Nous pensions être prêts, et avoir fait le gros du travail. Mais quand nous sommes attaqué au packaging du DVD, nous nous sommes retrouvé face à un problème. Un artwork adéquat et un titre convenable de notre point de vue nous manquaient. À l’origine le DVD devait s’appeler « Los! », mais les opinions des membres du groupe divergeaient, et ceux-ci se trouvaient déjà loin les uns des autres. Personnellement, je préférais, de même que certains membres du groupe, le nom « Völkerball ». Lorsque les discussions s’établissaient avec le groupe à l’aide des téléphones, fax, et e-mails de chacun, et que nous recevions après des semaines, des quatre coins du monde, les avis nécessaires, un certain temps s’était déjà écoulé. L’été arrivait, et on ne publie en général jamais rien à cette période, mais c’est là que l’idée nous est venue de faire une édition limitée avec un livre. Nous ne sommes venus que lentement à des vraies décisions, et avons même profité des vacances, pendant lesquelles le groupe s’est réuni d’urgence. C'était un processus lent et mais également très fructueux.

Maintenant, Völkerball nous entraîne dans le souvenir du Reise, Reise Tour. Cependant, aucun concert allemand n’est présent sur le DVD. Pourquoi cela ?

Le concert allemand le plus représentatif aurait été ceux du Wuhlheide de Berlin, mais ces concerts ont déjà été choisis pour être ceux du DVD Live aus Berlin, de 1999. Les plus gros concerts allemands du Reise, Reise Tour se trouvaient au début de la tournée (au Vélodrome, en Décembre, ndlr), et nous étions complètement occupé à autre chose à ce moment là, donc nous ne pouvions pas enregistrer de DVD. Nous avons entrepris plus tard une tentative sérieuse, à savoir Scheeßel pendant l'Hurricane Festival, mais là quelque chose s’est mal passé, et malheureusement, les prises de son ont complètement raté. Maintenant, nous aurions pu combiner les images existantes avec les pistes audio d’autres concerts, mais rien n’aurait paru authentique. Ainsi, nous nous sommes prononcé au final contre un concert allemand, parce qu'il y a déjà le « Live aus Berlin ». Nous aurions aussi volontiers montré plus d'Angleterre ou du Japon, mais Nîmes était trop impressionnant, même si pour des raisons budgétaires, le concert n’a été filmé presque qu’avec des cameras numériques. Nous aurions filmé volontiers le Show de Paris, mais nous n’étions malheureusement pas sûrs de pouvoir réaliser tous les effets pyrotechniques. Nîmes était aussi la dernière chance pour un bon enregistrement. Et c'était aussi le dernier show du tour (l’avant dernier en fait, ndlr).

Tu sembles extrêmement préoccupé par du fait que le groupe apparaisse sous son meilleur jour. Dans quelle mesure le montage du DVD a-t-il été problématique ?

Ca a été extrêmement difficile, car j’ai éprouvé au début comme de l’éclectisme. J'avais un concert de club au Japon, une scène de théâtre à Brixton qui ne convient pas correctement à Rammstein, les enregistrement pourris de Scheeßel, et une salle super grande à Birmingham. Parce que Rammstein jouait pour la première fois là-bas, le public s'est comporté comme lors de nos débuts. Les fans étaient plus à surveiller que participer. Cela ne fonctionnait malheureusement pas du tout lors de la transposition en vidéo, de sorte que nous n’avons pu utiliser que différentes vues en coupe dans le concert de Nîmes. À Nîmes, c’est vraiment là que nous avions les plus mauvaises conditions d’enregistrement à cause du Mistral. Ce sont des vents qui se produisent spécialement dans cette région du Sud de la France, et c'est pourquoi il y a des limitations strictes pour le festival. Par exemple, nous ne pouvions pas suspendre de Backdrop, ce qui aurait permis que le vent s’y engouffre, comme à l’intérieur d’une voile. Du fait que c’était une scène installée solidement, nous n’avons pas pu installer la totalité du matériel, ce qui a eu une influence sur le jeu de lumière, entre autres. C’est pourquoi nous avons du travailler avec des prises de vues d’autres concerts. Mais ce qui a été définitivement le plus dur à transposer, c’est le public. À Nîmes, la notion d’authenticité passait par l’atmosphère et le public, à retransmettre à 100%.

Aux concerts que vous avez filmé, as-tu remarqué, que les membres du groupe étaient nerveux à cause de la présence des caméras ?

Le problème est toujours le même : mélanger l’audio, et la vidéo, car Rammstein sont avant tout des musiciens. Quand on dit à des musiciens qu’ils sont filmés, ils stoppent fréquemment sur la scène comme enracinés, parce qu’ils veulent que la musique soit la meilleure. Mais au final le résultat est médiocre, car l'énergie qui constitue normalement un show live n’est pas au rendez-vous. Nous avions déjà essayé cela pour le Live aus Berlin, ainsi que d’enregistrer le groupe sans public. Toutefois, lorsqu'un musicien n'a pas de public, il ne joue que pour lui-même. Les prises audio perdent alors l'énergie typique d'un concert live. Pour le Reise, Reise Tour à Brixton, nous avons enregistré des prises de vues trois jours de suite. Les deux premiers soirs, le groupe a souhaité ne pas être filmé pour le troisième. Et le troisième fut le meilleur. Lorsque les caméras se montrent, le groupe réagit totalement différemment. Flake souvent ne montre aucun changement. Cela a aussi ses désavantages, car il jour du coup différemment chaque soir, et c’est ensuite difficile de monter des images de soirs différents entre elles. Paul et Richard sont au contraire très conscient que les caméras sont là, et Schneider reste concentré, car il doit jouer vite, et met beaucoup sur la précision de ses gestes.

Quelle image du groupe voulez-vous donner avec Völkerball ?

Compte tenu du titre, nous voulions aussi présenter le public. Porter un regard sur les fans de Rammstein, et montrer la scène sous un autre visage. L’attraction est bien sûr le groupe qui joue sur la scène, mais pour moi il est également important de voir que le public est présent, ce qui manque à la plupart des DVDs. Quand je regarde une vielle vidéo du groupe au RockPalast, je vois toujours ce qui se passe sur la scène, mais trop rarement le public. On perd alors l’atmosphère. Avec Völkerball, on prend des gens du monde entier, et on voit leurs réactions. C’est aussi ce qui émane du livre, présent dans l’édition limitée. Le photographe Frédéric Batier a fait d’excellentes photos de personnes montrant l'adoration, l'enthousiasme, l'épuisement, l'humilité, en un mot tous les sentiments possibles. Il y a également de la mélancolie sur beaucoup de photos. Völkerball est un peu pour nous le Live aus Berlin, mais transposé au monde entier. Le DVD montre comment différents publics peuvent paraître.

Tu réunis les fonctions de manager et producteur. Quel regard as-tu eu sur le groupe pendant la production de Völkerball ?

La tâche de manager classique serait de faire l’intermédiaire avec la maison de disques. Alors, je verrais le résultat final et déciderais, si les désirs du groupe ont été exaucés et parlerait si besoin est, avec les intéressés. Mais pendant la production du DVD, je voyais le groupe d’un autre regard, j’avais une autre mission.

Quelles scènes te plaisent le plus, en tant que producteur sur Völkerball dans son intégralité ?

J'ai simplement trop souvent vu les images pour ne pas être influencé. Dans les documentaires, il y a les attitudes étonnantes qui transparaissent. Je m’en réjouis. Olli Riedel décrit, par exemple qu'il croit pouvoir diriger mentalement le canot pneumatique avec lequel il nage sur les gens. J’aime Olli pour cette parole. Elle résume sa volonté et son sérieux. Ce sont principalement des choses très affectueuses, dont on ne peut que se réjouir après douze années de coopération. Par exemple les sourires de Paul et Richard pendant le concert de Nîmes. Ce sont des fractions de secondes qui apportent beaucoup à Völkerball.

Si le DVD sera enfin disponible le 17 Novembre en magasin, les prochains projets de Rammstein se dessinent probablement déjà. Pour faire court, que se passera-t-il l’année prochaine avec Rammstein ?

J’espère que nous pourrons parler après la première rencontre en janvier, d'une tournée. Nous voulons rattraper la tournée Sud-américaine qui fut supprimée à cause de la maladie de Flake. J’aimerais aussi profiter de cette tournée pour que la production du prochain album commence. Ce n’est cependant qu’un souhait personnel. Si nous étions amené à jouer en Europe, il faudrait présenter un nouveau show, qui n’est actuellement pas du tout mis en place. Nous pouvons cependant jouer avec la scène du Reise, Reise Tour en Amérique du Sud. L'un ou l'autre festival est peut-être également envisageable.

Même en Europe ?

Oui, ce serait toutefois presque trop précipité. Nous avons des invitations, mais il faudrait que nous annoncions d’ici Décembre ou Janvier, si nous voulons jouer ou pas. Sinon, Rammstein commencera en 2007 son nouvel album, qui verra probablement le jour en 2008.

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