Rammstein World - Multimédia - Presse
Live report du RockHard nº39
Rammstein, Amerika in Espana ! (Velodromo d'Anoeta à San Sebastian)
Toujours prêt à tous les sacrifices (hin, hin...) pour satisfaire votre curiosité, chers lecteurs, c'est avec joie que nous avons fait le plein d'essence et rejoint la sympathique ville de San Sebastian, chère aux hardos du sud-ouest de la France, pour assister, le 12 novembre dernier, au huitième concert de l'actuelle tournée de Rammstein. Direction donc le Velodromo d'Anoeta, histoire de voir à quelle sauce nous serons mangés à Paris, Lille et Amnéville en février 2005.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir fait le déplacement, puisque, fait très rare, l'immense Velodromo affiche complet depuis près de deux mois, pour un total de XXX billets vendus. Ceci vous donne une idée de la popularité du groupe allemand dans la péninsule ibérique, où il a également fait le plein à Madrid (changement de salle en dernière minute pour accueillir plus de spectateurs !), Barcelone et Lisbonne. L'enceinte se remplit doucement pendant que la première partie, Exilia, sans saveur malgré une chanteuse super-énervée, balance ses décibels et doit faire face à un son pour l'instant fort mauvais, comme souvent dans cette salle extrêmement difficile à gérer pour les ingés son. Heureusement, ces conditions sonores s'amélioreront nettement pour la tête d'affiche. Après trois bons quarts d'heure d'attente, à 22H00 pile, la lumière s'éteint. Les roadies de Rammstein, habillés de façon très stricte (chemises/pantalons noirs], scrutent les premiers rangs et les abords de la scène à grands coups de lampes-torches, dans un style « matons » de prison, le tout sur fond d'intro malsaine. Le ton est donné...
La tenture noire cachant la scène tombe enfin pour laisser apparaître un décor impressionnant : sur une immense estrade trône la batterie de Christoph Schneider alors que, sur les côtés de l'estrade, sont disposés huit étranges cubes (quatre de chaque côté) qu'on imagine servir à d'inquiétantes expériences... Juste au-dessous du kit, une ouverture dissimulée par des tissus gris/metal permet à Till Lindemann, le chanteur-colosse, d'aller et venir à plusieurs reprises durant le concert. Vous comprendrez bientôt pourquoi... Une immense tenture sombre fait office de fond de scène. Quant aux lumières... Un régal ! (Ndlr : on parle de près de 58 tonnes de lights !!!) Till arrive par le centre la scène, à petits pas, habillé d'un long manteau noir et de bottes noires au look très... militaire. Les deux guitaristes, Richard Z.Kruspe-Bernstein, en costume style amiral de marine et Paul Landers, en habit tyrolien, descendent doucement de l'estrade à l'aide de deux petites plates-formes élévatrices. Et c'est parti pour « Reise Reise », sur lequel Flake Lorenz, le clavier (qui bénéficie, sur ce premier titre, d'un son massif), et Oliver Riedel, le bassiste, restent sur les hauteurs. Richard et Paul remontent quelques secondes sur l'estrade pour en redescendre avec Flake et Oliver sur « Links 2 3 4 ». Durant le refrain de ce titre, Till mime une marche militaire, et les premières flammes font leur apparition au centre de la scène. Les guitares, après une entrée relativement calme, se déchaînent enfin. Sur « Keine Lust », Till ôte son manteau, dévoilant un pantacourt, une tunique avec des manches en voile noir et de « jolies » bretelles. Quant à Flake, son accoutrement est à la fois fun et ridicule, à l'image du personnage, seul éclair de... joie dans cette prestation à glacer le sang. Les lights donnent dans les tons bleus/violets, avant que les premiers feux d'artifices et les lance-flammes ne prennent le relais sur un terrible « Feuer Frei », lance-flammes utilisés, sur le final du titre, par Till, Richard et Paul dans un bel ensemble... fumant. Lindemann prend sa voix la plus grave sur « Rein Raus », sur lequel la paire de guitaristes enlève ses encombrant manteaux. L'ambiance « Morgenstern » voit d'autres gerbes de flammes entourer la batterie de Christoph, alors que la salle est en quasi-totalité éclairée sur le refrain grâce à d'énormes lights blancs aveuglants, avant que le morceau ne s'achève par quelques petits « feux de joie » rouge placés sur le devant de la scène. L'un des grands moment du set arrive avec le cannibalesque « Mein Teil ». Till arbore une tenue de cuistot/garçon boucher [bien que le gabarit du garçon fasse immédiatement penser à la seconde option !) et est armé de couteaux de cuisine aux lames impressionnantes. Le chanteur entre par le centre de la scène en poussant une énorme marmite de laquelle sort... Flake ! Habillé en sorte de martien improbable, ce dernier commence à cuire lorsque Till le flambe à grandes rasades lance-flammes ! Et Flake de s'enfuir, poursuivi par son cannibale de frontman bien décidé à l'embrocher... Musicalement, inutile de préciser que le travail de boucherie est lui aussi parfaitement exécuté. « Stein Um Stein » commence comme une « ballade » [tout du moins dans le cadre d'un répertoire tel que celui de Rammstein !], bercé par des lights bleus qui finissent par se déchaîner en même temps que Till, sur un refrain qu'il chante comme un possédé. « Los » était l'une des inconnues de cette nouvelle tournée. Comment ce titre atypique allait-il passer le test de la scène ? Parfaitement bien ma foi, même s'il est vrai qu'au premier abord, entendre des guitares acoustiques lors d'un gig de Rammstein sembler relever de la science-fiction ! Agréable coupure au milieu de la tourmente que ce « Los », avec un court passage à l'harmonica de Till, et une fin aux claviers... rejoints par les guitares électriques qui reprennent le riff initial du morceau. Seul Till chante sur « Moskau », le groupe ne faisant pas appel à des samples de la voix de Viktoria Fersh (qui figure pourtant sur l'album), et c'est Flake qui assure le solo d'accordéon ! C'est à ce moment du concert que la tenture de fond de scène se voit avantageusement remplacée par un véritable mur de lights directement dirigés vers le public, et dont les effets seront saisissants jusqu'à la fin du show.
Après cette série de titres issus des deux derniers albums, retour à la « barbarie » des premiers disques, avec un « Du Riechst So Gut » durant lequel Till, comme il le faisait sur les précédentes tournées, utilise un arc équipé de feux de bengale qu'il fait tournoyer autour de lui. Le public, déjà très réceptif, devient complètement fou. Durant les solos de guitares, de petites flammes bleues [vous savez, celles qui sortent des fers à souder et qui font bien mal aux yeux !) s'échappent des manches des blousons de Richard et Paul.
Avec « Du Hast », la tension monte encore d'un cran dans la fosse absolument déjantée. Richard est à présent torse-nu, et Till, entouré de flammes lors du refrain, s'empare à nouveau de son arc avec lequel il décoche deux tirs dans les cintres , ce qui, à deux reprises, déclenche trois « tirs de roquettes » qui viennent mourir au milieu de la salle. Nous en prenons plein les pupilles, et plein les oreilles, car d'évidence, si nous insistons volontiers sur la qualité visuelle du show, la musique, restituée avec une exactitude et puissance rares, donne aussi le tournis. Un feu d'artifice annonce « Sehnsucht », sur lequel les guitaristes reviennent se positionner sur l'estrade, alors que les lights s'énervent en direction du public. Till se coiffe d'un seyant chapeau haut-de-forme dérobé à l'Oncle Sam et flanqué du drapeau américain, sur « Amerika », bien évidemment, dont le refrain est repris comme un seul homme par des Espagnols aux anges. Chapeau qu'il ne tarde pas à ôter, et avec lequel il s'essuie consciencieusement les parties génitales, avant de le balancer (le chapeau...soyons clairs !] rageusement dans les premiers rangs ! Flake se ballade avec ses claviers sur une espèce de trottinette à moteur, dont sortent des milliers de paillettes, avant que trois immenses canons à air comprimés ne balance des confettis à travers toute la salle. Fin du premier acte. A peine le temps de reprendre son souffle que résonnent les riffs malsains du redoutable « Rammstein ». Le logo « R+ » s'illumine en fond de scène. Peu de lights l'accompagnent, mais Till, armé de deux lance-flammes, se charge d'éclairer les lieux ! Le public connaît une autre montée d'adrénaline avec « Sonne », qui débute noyé dans des lights orangées, avant que, sur les deuxième et troisième refrains, des flammes n'apparaissent devant, sur l'estrade. Il y en a partout ! L'ambiance monte encore sur « Ich Will» : tare du premier break, quatre ENORMES explosions retentissent, et encore deux, puis une autre. C'est le Vietnam ! Et les 12 OOO âmes n'en finissent plus de hurler Le groupe quitte la scène quelques instants avant la dernière ligne droite, qui débute par le calme « Ohne Dich » : la scène est alors plongée dans un océan de couleurs vertes. Richard et Paul effectuent leur dernière descente sur les plates-formes avant d'enchaîner sur la reprise de Depeche Mode, « Stripped » Juste après l'intro, des flammes réchauffent les premiers rangs pour la dernière fois, et enfin, Till lâche un premier et ultime « Muchas Gracias » annonciateur de la fin du concert. Flake conclut doucement le morceau aux claviers, avant que les musiciens (excepté Oliver) ne descendent dans la fosse de sécurité pour saluer les premiers rangs, lessivés mais sans aucun doute heureux, sur fond de « Engel » discrètement diffusé par la sono. Il s'est écoulé 1H50 depuis le début du show (car on peut ici parler de « show »), mais le concert est passé en un éclair. A la sortie, si le public est unanimement comblé, les avis divergent toutefois sur des points précis : certains se plaignent, par exemple, du fait que la setlist fasse la part (trop ?) belle au nouvel album, Reise Reise : dix titres sur douze, cela fait beaucoup en effet, mais ne s'agrt-il pas de la tournée de promotion du dit disque ? De toutes façons, les setlists, et ce pour quelque groupe que ce sort, resteront à jamais un sujet de discorde entre les fans les plus acharnés. Plus "grave", certains restent perplexes quant à l'efficacité scénique de certains de ces nouveaux titres, un point avec lequel votre serviteur, conquis, ne peut être d'accord. D'autres, ayant déjà côtoyé la bête en concert, disent que l'effet de surprise relatif au matériel de pyrotechnie est à présent plus « prévisible », mais tous s'accordent à dire que des shows comme celui-ci, que l'on ne voit pour ainsi dire plus jamais, ils en prendraient bien toutes les semaines ! Bref, des discussions constructives .. hum, « enflammées », mais au final, le sentiment d'avoir encore une fois assisté à un événement live rare. Et puis, d'ici le mois de février et les trois concerts français à venir, il reste encore un peu de temps au collectif allemand pour repenser une partie de sa setlist (qui à déjà doucement évolué depuis le début de la tournée, avec notamment un « Dalai Lama » bizarrement remplacé par « Morgenstem », et un « Amour Amour » définitivement écarté) et, peut-être, aller piocher d'avantage dans ses deux premiers albums Mais, peu importe : ne faites pas la grossière erreur de passer à côté de ce qui promet d'être l'un des événements live de l'année 2005.










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Setlist :
Reise, Reise | Links 2-3-4 | Keine Lust | Feuer Frei ! | Rein Raus | Morgenstern | Mein Teil | Stein um Stein | Los | Moskau | Du riechst so gut | Du hast | Sehnsucht | Amerika
Rappel 1 : Rammstein | Sonne | Ich will
Rappel 2 : Ohne dich | Stripped
Auteur de l'article : Benji