Rammstein World - Multimédia - Presse
Live report du Rockone nº8
Bercy le 11 février 2005
C'est en cruel et évident manque de superlatifs que nous ressortons tous, sonnés, de cette inoubliable date sold-out des Germains à Bercy. Jamais n'avions-nous vu un tel spectacl, une telle débauche d'effets spéciaux accompagnant un show caliente gorgé d'émotions, de puissance et de tubes définitifs.
Complet depuis des mois (fait rare pour un concert métal en France), ce concert de Rammstein tient au le coeur des fans français qui ont plébiscité le groupe depuis la sortie du quatrième album, "Reise, Reise", culminant dans les charts mondiaux, preuve internationale que leur phénoménal succès en Allemagne n'était ni éphémère ni isolé.
AVEC APOCALYPTICA
Si les Nancéens et les Lillois pouvaient se satisfaire d'une date en leur ville, Paris devrait certainement souffrir de la frustration des laissés pour compte qui ne pourraient pas assister à ce circus inédit : ce concert, nous en sommes tous persuadés, allait définitivement rentrer dans les annales, remporter l'unanimité et devenir un mètre-étalon niveau performance visuelle. Les Allemands furent, ce soir, fort bien accompagnés (et inspirés) puisqu'en première partie, les Finlandais d'Apocalyptica réussirent à gagner l'adhésion et la sympathie d'une arêne déja largement bien remplie et chauffée à blanc : le true-speed-heavy metal des cinq bonhommes headbanguant sur leurs simples viloncelles a réellement séduit, ponctuant leurs propres compos accrocheuses des fidèles reprises de Metallica ("Seek and Destroy" ou "Enter Sandman") qui les révélèrent timidement à la fin des 90's. Véritable attitude rock, esprit metal conservé, interprétation saturée de leurs instruments de bois et de cordes, garantie d'un show étonnant et originalité : nous somme d'emblée sous le charme de cette formation atypique !
DES VIGILES PATIBULAIRES
Vers 21 h 15, et après une longue intro lugubre ayant plongé Bercy dans une impatience et une excitation hystérique, une escouade de vigiles patibulaires arpente l'immense scène (tous les roadies porteront ce soir cet uniforme de chemise à manches courtes grise), balayant la fosse de leurs lampes-torches furtives, avant que le rideau noir ne tombe enfin, dévoilant la machine de guerre infernale : une gigantesque structure métallique, véritable parc d'attraction ambulant, espace miné où évolueront les six pyromanes durant deux heures, et sous lequel s'affairera une équipe de techniciens rôdés et experts en spectacle à haut risque ! Le voyage dans l'univers du "Tanz-metal" de Rammstein débute évidement par "Reise, Reise" : à la plus grande surprise des habitués de l'enceinte parisienne, le son est exceptionnellement bon, robuste et limpide : la vingtaine de titres seronts interprétés dans un POPB surchauffé et constamment soumis au plus incontrôlable des éléments : le feu. Si les effets pyrotechniques dépassent largement les espérances des plus exigeants, pour qui le summum reste leur prestation aux Eurockéennes de Belfort en 2002, les incalculables rangées de lights sont également de toute beauté, variées et novatrices, montées sur des systèmes hydrauliques, tout comme ces plateformes qui permettront aux musiciens d'accéder aux deux niveaux de la scène. Le groupe est, quant à lui, chorégraphié, impressionnant de brutalité, de charisme, d'humour et de perfectionnisme, tout en gagnant en humanité ; Till est complètement possédé par ses textes, habitant avec une rare théâtralité un narrateur fougueux, maudit, et combustif !
AUX FLAMMES, ETC.
L'homme n'épargnera ni ses collègues, ni les émotions des 17 000 spectateurs qui sursauteront plus d'une fois devant de telles surenchères : lance-flammes faciaux (Feuer Frei !) ou sur les avant-bras (Rammstein) propusant des geysers de feu au-dessus du public, arc à fusées (Du Riechst so gut), douche d'étincelles au-dessus de Lindemann (Ohne dich) sans parler de cette irrésistible scène sur "Mein Teil" où Till, déguisé en boucher-cannibale, ira littéralement griller une marmite de fonte avec un Flake bien téméraire à l'intérieur, ce même claviériste fantasque et clownesque allant soit danser la gigue, jouer de l'accordéon, ou fracasser contre un retour l'un des ses claviers, mis en miettes et balancé dans les premiers rangs après un "Los" minimaliste et accoustique. Chaque chanson se voit mise en scène par des dizaines d'explosions (parfois assourdissantes !), de feux de bengales, ou de colonnes de flammes (Du hast, Sonne) qui, à elles seules, réchauffent le public à des dizaines de mètres à la ronde, alors que les guitaristes Richard Krüspe et Paul Landers se trouvent à chaque fois au coeur du brasier ! Neuf titres de "Reise, Reise" seront joués ce soir, tout en faisant la part belle à de nombreux classiques immanquables notamment de l'avant-dernier "Mutter" ; lors des deux rappels, Apocalyptica reviendra sur scène accompagner le groupe sur l'émouvant et lyrique "Ohne dich", tout comme sur le magistral et quasi-symphonique "Mein Herz brennt", le show se clôt comme de coutume sur "Stripped", la reprise de Depeche Mode, se soldant par un bain de foule pneumatique pour Oliver. Rammstein vient de faire plier Paris, tout en plaçant une barre quasi-inégalable pour d'autres formation, tout en gardant une rare crédibilité : ces hymnes suffisent et rendent ce groupe très excitant, l'un des plus excitants de l'histoire.










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Setlist :
Reise, Reise | Links 2-3-4 | Keine Lust | Feuer Frei ! | Rein Raus | Morgenstern | Mein Teil | Stein um Stein | Los | Moskau | Du riechst so gut | Du hast | Sehnsucht | Amerika
Rappel 1 : Rammstein | Sonne | Ich will
Rappel 2 : Ohne dich (avec Apocalyptica) | Mein Herz brennt (avec Apocalyptica) | Stripped
Auteur de l'article : Jean Charles DESCROUX