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Fräulein Doktor

Alter Mann

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Bon, j'ai parcouru le forum et je n'ai rien trouvé de particulier au sujet de cette chanson, alors...

C'est une chanson de Rammstein que je trouve vraiment difficile à comprendre.

Pour moi, j'ai l'impression que les "vieux" qui regardent leur vie (leur reflet dans l'eau) et classent leurs souvenirs (en lissant l'eau) n'ont en fait que de l'amertume et des regrets. Ce que le "jeune" ne comprend pas (il jette un caillou dans l'eau comme pour se moquer du vieux), jusqu'au moment où il doit lui aussi réfléchir sur ses actes (quand il récupère l'éventail) et se met lui aussi à culpabiliser...

Après, je suis peut-être complètement à côté de la plaque (il fallait y penser pour dire que Halt était une chanson écolo :mellow: ), mais cette chanson m'intrigue vraiment, alors j'aimerais votre avis !

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pour moi non tu n'est pas a coter de la plaque! je pence aussi que le faite que le "vieux" soit mort il culpabilise a propo de ce qu'il lui a dit. (Cette eau sera ton miroir Et quand elle sera lisse, alors seulement tu pourras voir Ce qu'il te reste à lire du conte de ta vie Et tu supplieras pour qu'on te délivre).

donc depuis ce moment la, le "jeune" lisse l'eau comme le "vieux"!

en gros sa pourrais croire à une histoire sans fin. on pourait pencer que par la suite un jeune viendra géné le "vieux" qui était jeune ... ( vous me suivez? :blink::ph34r: ^^)

Edited by rammken

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Moi cette chanson me fait beaucoup penser aux malédictions des mythologies.

On retrouve le theme eau-miroir, miroir de sa propre vie.

Et puis le fait que le vieillard se tue a une tache impossible: celle de lisser l'eau avec un éventail...

Il y a également le fait que la malédiction ne s'arrete jamais: des le moment ou le jeune est au courant de l'acte absurde du vieil homme, celui-ci meurt et c'est au tour du jeune d'etre maudit et de "supplier pour qu'on le délivre".

Les vers "Cette eau sera ton miroir Et quand elle sera lisse, alors seulement tu pourras voir Ce qu'il te reste à lire du conte de ta vie" me font un peu penser que justement, pour etre délivré, le vieillard avait besoin qu'un jeune homme vienne et prenne sa place. Au début, le jeune lance des pierres dans l'eau, donc l'eau n'est pas lisse, mais elle le devient apres, justement quand il arrete de jetter des pierres et qu'il commence a s'intéresser au vieillard. Et c'est a ce moment la que le vieux meurt et que le jeune prend sa place.

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Je veux bien me porter volontaire pour être porte-parole :rolleyes:

Sinon heu revenons au sujet :

...

marrant aussi cette intro un peu "pop", on dirait le signe de leur album, car l'intro de Tier ressemble aussi

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Je déterre (encore !) un vieux sujet avec une analyse que j'ai faite il y a quelques mois et que je souhaitais partager.

 

Ce texte évoque pour moi la figure du Charon, le « nocher des Enfers ». Ce vieil homme au bord de l'eau est sans doute une figure de passeur : il fait passer les morts vers l'au-delà. Mais ce qui interpelle c'est que le « nocher des Enfers » n'a plus de barque. Si l'eau est abondamment évoquée (« eau », « vague »), il n'est fait aucune mention d'un bateau. Le narrateur nous dit que le vieux est « sur le sable blanc ». Il semble déchu, et sans sa tâche à accomplir il ne peut que se laisser mourir (champ lexical de la mort tout au long tu texte : « comme s'il dormait », « mourir », « sa main se raidit », « agonie »).

 

Si le Passeur meurt, que faire ? Le narrateur doit-il prendre sa place ? Ce dernier est sur la rive (de quel côté?) et semble vouloir jouer (« je lance la pierre pour m'amuser »), mais il est très vite gagné par la mélancolie et la tristesse du vieil homme (« tristement », « doute »). Il doit prendre sa place et jouer à son tour le rôle du passeur. Alors que le vieil homme est délivré de sa tâche, c'est au narrateur de prendre le fardeau d'une éternité monotone (« tu supplieras qu'on te délivre »).

 

Toutefois, le narrateur ne peut accomplir sa tâche de passeur, j'ai déjà évoqué l'absence de la barque. Il est condamné à resté sur la rive, ni vivant, ni mort. « Combien de contes il te restera à vivre » : l'utilisation du futur marque ici une impossibilité. En effet le verbe « rester » associer à la vie n'a aucun sens au futur. (Je ne commente pas son utilisation au passé.) Lorsqu'on l'utilise au présent cette expression a déjà un sens de futur. Il reste des choses à vivre à partir de maintenant, c'est à dire du présent vers l'avenir. Ainsi utilisée au futur est un non sens. Le narrateur n'a plus de vie, plus de futur. C'est pour cela qu'il « supplieras pour qu'on le délivre ».

 

Solitude, mélancolie et abandon transparaissent dans ce texte. Le narrateur a perdu le vieil homme, il est perdu dans le néant, entre la vie et la mort. Il est à l'état du passage éternel, c'est à dire du passage qui ne se fait jamais. Il doit parvenir à lisser l'eau afin qu'elle devienne un miroir qui lui renverra l'image de son existence. Mais est-ce bien utile ? On sait déjà que l'image que lui renverra le miroir de l'eau sera négative (« tu supplieras pour qu'on te délivre ») et futile. En effet, l'expression de « conte de ta vie » est très significative quand à la futilité de l'existence. Le conte narre des histoire futiles, pour les enfants... Dans ce contexte, l'image de l'éventail qui semble a priori difficile à saisir, prend tout son sens. L'éventail brasse du vent, du rien, de la futilité.

 

Ainsi, selon moi, le texte parle du non sens de l'existence. Comme si l'homme était sans cesse à l'état de souffrance : la vie n'est pas possible et aucune mort ne vient le soulager. L'image du vieux passeur est une métaphore de l'existence de l'humanité elle -même. Le vieux sait que le vie n'a aucun sens mais la mort vient le délivrer. Avant de mourir il passe le fardeau de la vie au narrateur (qui est jeune puisqu'au début de la chanson il veut « [s']amuser »). Alors son cœur n'est plus à la joie et la mélancolie le gagne. Le fardeau de l'existence, il doit le porter longtemps, trop longtemps, jusqu'à ce qu'il soit vieux à son tour et qu'il le passe à la génération suivante.

 

Un constat assez pessimiste/réaliste sur la vie... Évoqué avec l'image d'un Charon déchu.

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Merci CyrBrennt pour cette analyse très intéressante !

 

Ce morceau étant un de mes favoris, je voudrais faire part de quelques commentaires ressentis à la compréhension des paroles.

L'image du passeur Charon ne me semble pas évidente, je pense que Till a voulu simplement écrire un conte sur le temps qui passe et les générations qui se succèdent. Le vieux ne fait rien d'autre que de lisser l'eau pour lire son avenir.

 

Cela me fait penser à chaque fois à un film de Wim Wenders "Jusqu'au bout du monde", où des personnages d'un proche futur deviennent addictifs à une machine à enregistrer les rêves : ils passent leurs journées à revivre leurs nuits. Le vieux est addictif à son lissage de l'eau pour regarder son futur. Peut être que Till a vu ce film visionnaire de 1991 et a été inspiré ?

JUSQ-9.jpg

Et nous, nous sommes maintenant addicts à nos petits écrans et nos réseaux sociaux. La vision de Wim Wenders est de plus en plus une réalité !

 

Sinon, je suis toujours intrigué par l'éventail. A priori un éventail n'est pas fait pour lisser des vagues, mais au contraire pour créer des courants d'air. Les vagues sont créées par le vent de midi, qui pourrait être créé par un éventail (enfin un gros). L'éventail comme accessoire féminin est décalé dans ce petit conte, il suggère peut être la dualité sexuelle de chaque être humain (chaque homme a ses côtés féminin, et chaque femme a ses côtés féminins).

 

La surface de l'eau comme miroir renvoie à la légende de Narcisse, et je suis étonné que CyrBrennt ne le mentionne pas. Je n'ai pas trop potassé la mythologie grecque, mais

je ne résiste pas au plaisir de poster un tableau du Caravage que je ne connaissait pas :

Narcisse_Caravage.jpg

 

Sinon, avec l'âge, je me demande si Till n'avait pas vu qu'en vieillissant on ne vit que pour la répétition d'actes maniaques, sans aucune créativité ou invention, qui est plutôt l'apanage de la jeunesse (comme les cailloux jetés dans l'eau).

Au final, je trouve que ces paroles ont une portée philosophique et même prophétique !

On est loin de Pussy ...

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