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CyrBrennt

Das alte Leid - Weißes Fleisch

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Un post à rallonge… Courage si jamais vous en entreprenez la lecture !

 

 

J'ai choisi de faire un commentaire comparé de « Weißes Fleisch » et « Das alte Leid » dans la mesure où les textes me semblent très proches, au niveau de la thématique, et que le premier semble illustrer le second. Il est encore une fois question chez Rammstein de désir et de sexe. J'ai l'impression que ce sont les mots que j'utilise le plus souvent lorsque je fais ces foutus commentaires ! Mais, « il n'y a que ça qui nous gouverne » comme dirait l'autre (10 points à celui ou celle qui trouve la référence).

 

De manière générale, l'album Herzeleid associe sexe, violence et mort. « Das alte Leid » identifie finalement les causes de toutes ces « peines de coeur » dont il est question dans cet opus. Il semble que le désir lubrique est la cause de tout ce mal, de toute cette peine, il guide l'homme à sa perte. Ce mal, nul ne peut le vaincre, on ne peut rien contre : « De la graine vers la lumière / Un être me pousse à aller vers la même chose, ce mal ancien ». En utilisant ainsi l'image de la graine, origine de la vie, Lindemann exprime deux choses : le « mal » dont il est question est présent dès l'origine de l'homme, dans ses gènes, on ne peut pas s'en détacher, il fait partie intégrante de notre être ; également ce qui fait grandir l'homme, c'est cette volonté d'aller vers ce mal. Est ici exprimé le fait que le sexe, le désir est le moteur de l'homme qui devient alors un simple « pantin ». Cette fatalité est exprimée à la fin de ce couplet : « Où le destin nous mène-t-il […] / Vers la même chose, ce mal ancien ». Ainsi, ce « mal », pas encore identifié à ce stade du texte, est à la fois à l'origine de l'humanité et sa propre destinée.

 

Cette notion de fatalité et de destin est mise en valeur dans « Weißes Fleisch » : « Je ne suis qu'un gigolo / Mon père était tout comme moi » : ici le narrateur montre bien que le « mal » qui le pousse au viol, et de manière générale à la violence est un héritage. Sous entendu ici que le narrateur est le fruit d'un viol, et que comme son père il engendrera une descendance par la violence et la souffrance. Cette image montre à quel point l'homme ne peut faire autre chose que subir cette souffrance.

 

Souffrance et désir sont associés dans les deux textes. Dans « Weißes Fleisch » le narrateur exprime sa « solitude » et parle de son « cerveau malade ». On ressent à travers ce texte que ce qu'il fait est plus fort que lui, qu'il en a besoin pour vivre, à tel point que le narrateur parle de délivrance : « Mon être malade crie pour qu'on le délivre / Ta chair blanche sera ma potence ». Il y a ici quelque chose de paradoxal. En effet, la douleur devrait être, dans ce texte qui décrit un viol, associé à la victime, mais ce n'est pas le cas. Les deux seuls mots de vocabulaire associé à la jeune femme (d'ailleurs le seule indice qui nous montre qu'il s'agit bien d'une jeune femme est « ta robe » dans le second couplet) sont les « cris » et la « peur ». Tous le champ lexical autour de la douleur et de la mort est associé à l'agresseur : « Ma solitude », « Mon sang noir », « cerveau malade », « Mon être malade crie pour qu'on le délivre / ta chaire blanche sera ma potence »...

 

On retrouve cette même association, souffrance et désir dans « Das alte Leid ». Le narrateur exprime ici son mal : « Ce mal ancien / Il prend mes larmes en ricanant ». « Le mal ancien » le « fait sombrer lentement dans la folie », faisant écho au « cerveau malade » dans « Weißes Fleisch ». Il semblerait également que le vers suivant « Tandis que pourrit sur la couche un jeune corps » soit un rappelle de « Weißes Fleisch » d'une part, mais également de « Do rieschst so gut », et de manière encore plus explicite à « Wollt ihr das Bett in Flammen sehen ? ». « Das alte Leid » fait référence à la première chanson de l'album également ici : « Et sur la couche la même guerre fait rage ».

 

« Das alte Leid » semble d'ailleurs marqué un tournant dans l'album. Dans les deux premiers couplets de la chanson, Lindemann se contente de décrire sa souffrance, sans parvenir à 'identifier. La partie centrale du texte repose sur l'identification de « ce mal » : « Je veux baiser ». Ainsi le sexe et bien la cause, et la solution (j'y viendrai plus loin) de tous nos problèmes. Le « Je le sais enfin » qui précède « Ich will ficken », s'il est en réponse au deux premiers couplets, me semble aussi être en réponse aux trois autres chanson précédemment citées, comme s'il s'agissait du même narrateur pour pour ces cinq titres. Ainsi, ce qui le fait souffrir et ce qui le pousse à faire le mal est bien le sexe.

 

Comme souvent (pour ne pas dire toujours) dans l'écriture de Lindemann, nous avons affaire à un paradoxe. « Weißes Fleisch » insiste, nous l'avons vu, sur la souffrance du narrateur/agresseur. Le désir lubrique le pousse à faire mal à la jeune femme (« Je te fais mal / Et tu cries fort »), toutefois si le sexe est la source de « ce mal ancien », il en devient aussi, comme je l'écrivais plus haut, la solution à cette souffrance : « Ta chair blanche m'illumine ».

 

Le sexe est ce qui nous guide, parce qu'avant tout l'homme est un animal et l'instinct de survie réside dans la volonté de s'assurer une descendance. Lindemann a beau essayé de réfléchir sur les causes des souffrances humaines dans « Das alte Leid », les textes précédemment cités (« Weißes Fleisch », « Du rieschst so gut ») décrivent un comportement animal. La subtilité analytique dont fait preuve Lindemann lorsqu'il décrit l'humanité et ses sentiments réside dans ce va et viens (ahah!) incessant entre une manière rationnelle et littéraire d'exprimer les peines de l'homme et les images animales et brutales qu'il utilise pour le faire.

 

J'interprète ce paradoxe comme une sorte de mise à distance. Dans la plupart de mes commentaires j'essaie de montrer comment Lindemann aborde des sujets sérieux tout en montrant une certaine auto-dérision. Ce n'est pas vraiment explicite dans ces deux textes, il s'agit ici d'une interprétation personnelle. Ainsi, il dit que le sexe est le destin de l'humanité. Que la souffrance ressentie soit réelle, je n'en doute pas (il suffit d'analyser un peu nos existences pour y trouver les mêmes problématiques), mais cette volonté absolue de dire « ce n'est pas ma faute » (20 points supplémentaires à celui qui trouve cette autre référence) est toute à fait ironique. En effet, cette chanson semble aussi justifier l'infidélité : le narrateur dit « ce n'est pas ma faute », ce n'est pas moi c'est « un être [qui] me pousse à aller / Vers la même chose, ce mal ancien ». 

 
Edited by CyrBrennt
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« il n'y a que ça qui nous gouverne » comme dirait l'autre (10 points à celui ou celle qui trouve la référence).

 MYYYYYYYLEEEEEEEENNNNEEE !!!!

 

« ce n'est pas ma faute »

 Les liaisons dangereuses ?

Comme sur l'analyse DRSG/WH un truc super sympa a lire même si c'est difficile de dire mieux que toi ^^

Edited by BückstabuGO

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Tu obtiens tous les points !!

J'étais pas sûre que quelqu'un oserait citer Farmer^^ je peux savoir comment tu connais ? :D

Et oui pour Laclos, c'est la lettre de rupture que Merteuil (mon perso féminin de fiction préféré!) écrit pour Valmont à l'attention de Tourvel, lettre qui remporte la palme d'or de toutes les lettres de rupture jamais écrites !

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Faut pas refouler !

xD

J'ai été fan dans ma jeunesse... Jusqu'à ce que ça commence être vraiment merdique côté paroles. Après faut pas se mentir, musicalement ça n'a jamais cassé trois pattes à un canard!

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Disons que je connaissais les "classiques" (genre Sans contrefaçon, Libertine, Désenchanté etc ...) puis j'ai vraiment commencé à m’intéresser avec point de suture. Mais disons qu'en commençant par là disons que j'avais de la matière a écouter :)

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